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ascendance paternelle


ascendance OUVRARD

Cette ascendance OUDIN n'est pas des plus faciles. En effet, si les quatre premières générations se trouvent localisées en Sarthe, et plus principalement dans les communes de Ruillé-sur-le-Loir et Marçon, en revanche, je me suis très vite retrouvée face à un problème de taille.

Dès la 5e génération, c'est à Paris que nous mène cette ascendance. Or, l'état civil de Paris et plus généralement l'ensemble des archives parisiennes ont été presque totalement détruits lors des incendies de mai 1871 pendant la Commune de Paris. Une loi du 12 février 1872 a prescrit la reconstitution de l'état civil parisien antérieur à 1860. L'entreprise, qui s'est prolongée jusqu'en 1896, a permis de rétablir près de trois millions d'actes, datant pour la plupart du XIXe siècle. La reconstitution des actes a été essentiellement établie à partir de papiers de familles, d'extraits d'actes paroissiaux et d'actes notariés. Malgré tout, cette reconstitution reste partielle et la grande majorité des données, concernant notamment les familles sans postérité, est perdue à jamais.

Il apparaît donc nécessaire de se tourner vers les actes notariés ou recensements afin de pouvoir remonter un peu plus le temps.
Cependant, nous verrons, qu'à ce jour, notre ascendance reste encore très incomplète.

Arbre d'ascendance OUDIN sur 5 générations


(33) Joséphine OUDIN  
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(16) François Maurice OUDIN (17) Armandine Hélène NAIL
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(8) Armand Victor OUDIN (9) Adrienne Juliette BOUTTIER
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(4) Armand Lucien OUDIN (5) Simone France Victoire OUVRARD
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(2) Jean-Claude OUDIN  
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(1) moi-même  

 

génération 3

C'est en 1916, à Marçon, qu'Armand voit le jour.
Le 29 novembre 1940, il épouse Simone OUVRARD en la Mairie de La chartre sur le Loir, lieu de naissance de Simone.
Il est alors ouvrier agricole et âgé de 24 ans.

Fiançailles Armand Oudin & Simone Ouvrard

Six enfants naîtront de ce mariage dont l'un décèdera en bas âge.

Leur union durera 18 ans et se soldera par un divorce.
Après ce divorce, Armand se remarie, 9 ans plus tard à Chahaignes en 1967.

Il décède en 1976, à l'âge de 59 ans.

 

 

génération 4

Armand Victor OUDIN et Adrienne Juliette BOUTTIER sont tous deux nés en Sarthe, l'un en 1877 à Ruillé sur Loir, l'autre en 1878 à Bouloire.

Ruillé sur Loir : place de la Mairie

Bouloire : place du marché

Ouvriers agricoles, ils se marient en 1914 à Marçon.

Le décès d'Armand Victor en avril 1947 est déclaré par son fils, Gustave, alors âgé de 41 ans. Pourtant la naissance de ce fils vers 1906 pose un problème. Les mentions portées sur les actes étant plutôt fiables à cette époque, ce Gustave serait alors le fruit d'un premier mariage. Or les actes datant de moins de 100 ans n'étant pas librement consultables, il m'est difficile de certifier ce fait d'autant plus que l'extrait d'acte de mariage d'Armand et Juliette Bouttier, délivré par la Mairie de Marçon ne mentionne pas la possibilité d'un premier mariage contracté par l'époux.

Par ailleurs, dans les recensements de population de Marçon en 1921 et 1926, Armand Oudin et Adrienne Bouttier sont bien mentionnés. Ils sont alors journalier agricole et ménagère.
Plusieurs enfants sont rattachés à leur foyer : Emile né en 1913, Armand (notre ancêtre vu précédemment) né en 1916, Madeleine née en 1918, Roger né en 1923 ... mais aucune trace d'un éventuel Gustave !!! Le mystère reste entier !

Recensement de 1921, Marçon


Recensement de 1926, Marçon

Ces recensements permettent, en outre, de localiser plus précisément cette famille. C'est en effet au hameau "La Basse Pointe" à Marçon qu'ils résident, au moins de 1921 à 1926.

Localisation de la Basse Pointe à Marçon

 

 

génération 5

François Maurice Oudin et Armandine Hélène NAIL s'unissent en la commune de Cogners, le 15 octobre 1860.

cliquer sur l'image pour voir l'acte dans son intégralité


L'an mil huit cent soixante le quinze octobre, à quatre heures du soir.
Par devant nous, Pierre Peltier, maire et officier de l'état civil de la commune de Cogners arrondissement de Saint-Calais, département de la Sarthe, étant en la maison commune, sont publiquement comparus.
D'une part, François Maurice Oudin, âgé de vingt quatre ans et sept mois, couvreur, domicilié au bourg de Courdemanche, né à Paris (Seine) le douze mars mil huit cent trente six comme il conste par son acte de naissance délivré par extrait en bonne forme par le greffier en chef du tribunal de première instance séant au Palais de justice à Paris, dûment légalisé, fils majeur naturel de Joséphine Oudin qu'il n'a jamais connue.
D'autre part, Armandine Hélène Nail, âgée de vingt et un ans, sans profession, domiciliée en compagnie de ses père et mère au Vivier en cette commune où elle est née le trois mai mil huit cent trente neuf comme il conste par son acte de naissance inscrit sur les registres de cette commune que nous avons vérifié exprès à l'instant même, fille majeure de Louis Nail, âgé de cinquante sept ans, cordonnier et propriétaire et de Marie Marthe Péan, âgée de soixante quatre ans, ici présents et consentants; lesquels nous ont requis de procéder au mariage projeté entre eux et dont les publications ont eu lieu en cette commune ainsi qu'il conste par les actes inscrits le seize et vingt trois septembre derniers sur les registres de cette même commune et du certificat du maire de la commune de Courdemanche le seize et vingt trois septembre dernier délivré le sept du courant.
Aucune opposition au mariage ne nous ayant été signifiée, faisant droit à la réquisition des parties, après leur avoir donné lecture des pièces ci-dessus mentionnées et du chapitre VI du titre du code civil intitulé du mariage, nous avons demandé aux requérants s'ils veulent se prendre pour mari et femme, et, chacun d'eux ayant répondu affirmativement, nous avons déclaré et déclarons au nom de la loi que François Maurice Oudin et Armandine Hélène Nail sont unis sur le mariage.
Ensuite, sur l'interpellation que nous leur en avons faite, les époux et les personnes qui autorisent le mariage nous ont déclaré qu'il n'a pas été fait de contrat de mariage.
De quoi nous avons dressé le présent acte en présence de :
1° Louis Nail, agé de trente quatre ans, cordonnier, frère de l'épouse
2° Jean Alexandre Buron, âgé de vingt six ans, charpentier, cousin issu de germain de l'épouse
3° Pierre Jean Baptiste Désiré Bleu, âgé de trente deux ans, maréchal 4° et Alexandre Joseph Bordeau, âgé de vingt quatre ans, cultivateur, domicilié, ainsi que les trois précédents témoins au bourg de Cogners, lesquels nous ont déclaré par serment qu'ils ignorent le lieu du dernier domicile et celui du décès des aïeux de l'époux.
Lesquels, ainsi que les parties contractantes, leurs père et mère ci-dessus dénommés, ont signé avec nous aux deux registres, après lecture à eux faite par nous et collation, fors l'époux et la mère de l'épouse qui ont déclaré ne savoir signer.

Au moins quatre enfants naîtront de cette union : Maurice Alphonse Armand né en 1864, Eugénie Armande Victorine en 1866 puis Auguste Albert né en 1871 et enfin Armand Victor né en 1877.

Par ailleurs, l'acte de mariage mentionne la naissance de François Maurice à Paris le 12 mars 1836, comme "enfant naturel de Joséphine Oudin qu'il n'a jamais connu".

cliquer sur l'image pour voir l'acte dans son intégralité

 

Du douze mars mil huit cent trente six à midi.
Acte de naissance de François Maurice du sexe masculin, né le dix de ce mois à onze heures du matin, à Paris rue de la Bourbe 2, fils de Joséphine Oudin, brunisseuse de porcelaine, âgée de vingt et un ans, née à Paris, y demeurant rue St Maur Popincourt n° 56. Les témoins sont Simon Dardenne âgé de trente sept ans, et Augustin Jean Baptiste Doye âgé de cinquante trois ans, employé demeurant rue de la Bourbe 3.
Sur la réquisition faite à nous maire du douzième arrondissement par Jeanne Broussonloux sage femme âgée de vingt trois ans, demeurant rue de la Bourbe. Après avoir signé avec le témoin, avons lecture faite dudit acte.

 

 

génération 6

L'acte de naissance de François Maurice, vu précédemment, apporte quelques renseignements sur sa mère, Joséphine OUDIN.

Brunisseuse de porcelaine, elle serait née à Paris vers 1805. Par ailleurs, le fait que François Maurice ne l'ait jamais connue nous laisse penser qu'elle est peut-être décédée peu de temps après la naissance de son fils.

C'est donc vers Paris que je me suis dirigée afin de continuer mes recherches et peut-être trouver quelques pistes pour poursuivre cette ascendance.
Cependant, je n'ai pu trouver aucune trace de Joséphine Oudin dans les actes reconstitués de naissance et de mariage.
Il est possible qu'elle soit décédée avant l'entreprise de reconstitution des actes et qu'elle n'ait donc pu elle-même venir apporter la preuve de sa naissance. Son fils, ne l'ayant jamais connue, n'aura pas eu non plus la possibilité d'apporter ces renseignements.

Il me faut donc, à ce stade, explorer d'autres pistes !
Je me suis alors penchée à nouveau sur l'acte de naissance de François Maurice. Il est dit né "à Paris rue de la Bourbe".
La rue de la Bourbe correspond, en fait, à la maternité de Port Royal. Les archives des hôpitaux de Paris étant consultables en ligne, il y a là peut-être un espoir de trouver quelques renseignements supplémentaires.

Les registres d'entrées de 1836 attestent la présence et l'accouchement de Joséphine :


Nom et prénoms : Oudin Joséphine
Profession : brunisseuse en porcelaine
Âge : 21
Lieu de naissance : Paris (Seine)
Domicile à Paris : Rue St Maur Popincourt, 56
Statut : célibataire
Termes de la grossesse : 9
Date accouchement : 10 mars
Sexe des enfants : garçon
N° état civil enfants : 565
Date de sortie : 14 mars

Les indications du registre confirment ce que nous connaissons déjà : elle est brunisseuse sur porcelaine, âgée de 21 ans, célibataire et domiciliée au 56 rue St-Maur Popincourt. Elle a accouché le 10 mars d'un garçon.

Les registres de naissances de Port Royal en 1836 confirment qu'il s'agit bien de François Maurice :

On peut y lire que la case « abandonné » est cochée.

C'est donc vers les archives de Paris en ligne et notamment les répertoires d’admission des enfants assistés de la Seine, que je me suis dirigée.
Le registre des enfants trouvés mentionne l'enregistrement de François Maurice.

Fort de cette découverte, j’ai continué ma recherche afin de vérifier si Joséphine n’avait pas mis au monde, par la suite, d’autres enfants.

Une enfant prénommée Joséphine apparaît ainsi en 1838 :

Les registres d'entrée de Port-Royal confirme que Joséphine est à nouveau admise pour donner naissance à une fille : Joséphine qui naîtra le 28 mars 1838.


Nom et prénoms : Oudint Joséphine
Profession : brunisseuse
Âge : 21
Lieu de naissance : Paris (Seine)
Domicile à Paris : Rue Bichat, n° 20
Statut : célibataire
Termes de la grossesse : 8
Date accouchement : 28 mars
Sexe des enfants : fille
N° état civil enfants : 818
Date de sortie : 1er avril

Joséphine est toujours brunisseuse. Elle demeure à présent au 20 rue Bichat, à Paris.

Cette fois encore, dans le registre de naissances, la case "abandonnée" est cochée.

Ce sont donc deux enfants, abandonnés à la naissance, que Joséphine a mis au monde. Mais ce n'est peut-être pas tout !

En effet, l'association Perche-Gouët propose une recherche parmi les enfants mis en nourrice dans cette région.
Une recherche au nom de OUDIN porte ses fruits :

Acte de décès de Adolphe OUDIN 26-07-1842 Champrond-en-Perchet (Eure-et-Loir)

L'an mil huit cent quarante deux, le vingt sept juillet, à huit heures du matin, devant nous Denis Dordoigne, Maire et officier de l'état civilde la commune de Champrond en Perchet, arrondissement de Nogent le Rotrou, département d'Eure et Loire, sont comparus Louis Barthélémy, dit Brossard, âgé de quarante trois ans, journalier, et René Brière, âgé de cinquante et un ans, tous deux demeurant au hameau de la Cour aux Guilliers en cette commune.
Lesquels nous ont déclaré que hier, à dix heures du soir, Adolphe Oudin, âgé de dix jours, né à Paris (Seine), le dix sept du présent mois, fils de Joséphine Oudin, brunisseuse, demeurant passage de l'Ancre, n° 1, douzième arrondissement à Paris, et de père non dénommé, est décédé en cette commune au domicile du sus-nommé Louis Barthélémy, dit Brossard, chez qui il était en nourrice.
Sur cette déclaration nous sus-qualifiés, nous sommes transporté au lieu indiqué où nous avons vu et reconnu le cadavre du prénommé Adolphe Oudin et nous étant ensuite rendu à la maison commune, nous avons écrit le présent acte sur les deux registres à ce destinés que nous avons signé seul, après lecture et collation, les déclarants nous ayant dit ne savoir signer.

Rien ne prouve que cette Joséphine, brunisseuse de son métier, soit celle qui nous intéresse. Mais cela interpelle malgré tout !

Il n'existe pas de registre d'entrées pour l'année 1842 pour la maternité Port-Boyer. Cependant, nous avons pu retrouver mention de la naissance d'Adolphe dans le registre des naissances :

En tout état de cause, il est à peu près certain que François Maurice n’aura jamais connu ses frère et sœur. Les enfants assistés, à l’époque, étaient envoyés dès leur jeune âge « à la campagne » et notamment en Sarthe, département proche de la région parisienne.

L'abandon à la fin du 19e siècle

Les conditions dans lesquelles les enfants sont accueillis à l'hospice des Enfants-Assistés (rue d'Enfer) à la fin du 19e siècle sont assez bien connues. Certains enfants sont conduits à l'hospice par les commissariats de police ou par les hôpitaux (quand leurs parents y sont hospitalisés). Mais la plupart des abandons se font directement à l'hospice. Le Tour d'abandon, supprimé depuis 1863, a été remplacé par un Bureau des admissions, ouvert 24h sur 24. Les mères y sont introduites séparément et interrogées sans témoins par un commis. Quand une mère vient pour abandonner son enfant, l'employé s'efforce de lui faire comprendre la gravité de son acte. Pour l'encourager à garder son enfant, il lui offre un secours en argent ou en nature (nourrices, layettes). Le bulletin de naissance de l'enfant est la seule pièce exigée pour l'abandon. Aussitôt reçu, l'enfant est inscrit sur le registre des arrivants, puis immatriculé. Ce numéro d'ordre est mentionné sur le livret de l'enfant et gravé sur une petite médaille suspendue à un collier en os qu'il doit porter à son cou jusqu'à sa sixième année révolue.

L'Hospice des Enfants-Trouvés

En 1795, une section "allaitement" est créée à l'hospice de la Maternité pour l'hébergement des enfants abandonnés de moins de 2 ans. Ce service est initialement installé dans l'ancien couvent de Port-Royal, à la "Bourbe" mais dès 1814, il est transféré dans l'ancienne Institution de l'Oratoire (rue d'Enfer). Le bâtiment prend le nom d'hospice des Enfants-Trouvés. Il est alors chargé de l'accueil des enfants abandonnés du département de la Seine âgés de moins de 2 ans. En 1836, les enfants de plus de 2 ans jusque-là recueillis dans l'établissement du faubourg Saint-Antoine sont également transférés à l'hospice des Enfants-Trouvés.

La prochaine étape sera de me rendre aux archives de Paris afin d'y consulter les recensements ou listes nominatives de personnes car nous avons, à l'heure actuelle, deux voire trois adresses occupées par Joséphine Oudin :

  • 56 rue St-Maur-Popincourt Paris 11
    à noter qu'il s'agit actuellement de la rue Saint-Maur qui, du fait de sa longueur, a porté, selon les tronçons, des noms divers dont la rue Saint-Maur-Popincourt.
  • 20 rue Bichat Paris 10
  • 1 passage de l'Ancre Paris 3

A suivre...